Thomas Bonhoeffer


Die Bekehrung des Freigeists1
Das unter dem Titel «Le Pari» (Die Wette)
2 berühmt gewordene Fragment
aus BLAISE PASCAL, Pensées,
éd. Louis Lafuma, Paris, Seuil, 1963, Fragment 418 ( = bei Brunschvicg Fragment 233),
in der von Francis Kaplan (dort fr. 115) freigelegten Form
mit erklärenden und kritischen Fußnoten
3 versehen von
Thomas Bonhoeffer
(K 115, §1) Nous connaissons qu'il y a un infini, et ignorons sa nature comme nous savons
qu'il est faux
4 que les nombres soient finis. Donc il est vrai qu'il y a un infini en nombre, mais
nous ne savons ce qu'il est. Il est faux qu'il soit pair, il est faux qu'il soit impair, car en
ajoutant l'unité il ne change point de nature. Cependant c'est un nombre, et tout nombre est
pair ou impair. Il est vrai que cela s'entend de tout nombre fini. Ainsi on peut bien connaître
qu'il y a un Dieu sans savoir ce qu'il est.
(§2) Nous connaissons
5 donc l'existence et la nature du fini parce que nous sommes finis et
étendus comme lui. Nous connaissons l'existence de l'infini et ignorons sa nature, parce qu'il
a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous. Mais nous ne connaissons ni
l'existence ni la nature de Dieu, parce
6 qu'il n'a ni étendue, ni bornes.
(§3) Mais par la foi
7 nous connaissons son existence8, par la gloire, nous connaîtrons sa
nature. Or j'ai déjà montré qu'on peut bien connaître l'existence d'une chose
9 sans connaître
sa nature.
(§4) Parlons maintenant selon les lumières naturelles
10.
(§5) S'il y a un Dieu il est infiniment incompréhensible, puisque n'ayant ni parties ni bornes,
il n'a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connaître ni ce qu'il est, ni s'il est.
Cela étant qui osera entreprendre de résoudre cette question? Ce n'est pas nous qui n'avons
aucun rapport à lui.
(§6) Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui
professent une religion dont ils ne peuvent rendre raison; ils déclarent en l'exposant au
monde que c'est une sottise, stultitiam, et puis vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent
pas. S'ils la prouvaient ils ne tiendraient pas parole. C'est en manquant de preuve qu'ils ne
manquent pas de sens.
1
Dieser über den Inhalt vororientierende Titel stammt von mir (ThB).
2
Auch unter dem (vermeinlich von Pascal gegebenen) Titel ,,Infini ­ rien" bekannt.
3
Dem Ganzen dieses Textes gilt mein älterer Aufsatz Pascals ,,Wette" im Lichte der heutigen Mathematik.
4
Mit der bekannten Existenz einer unbekannten Essenz ist hier natürlich doch eine
(allerdings negative) Information über die Essenz vorausgesetzt. Richtig wäre, nur eine
negative Information über das (doch nicht so ganz) Bekannte vorauszusetzen!
5
Wir sind mit dem Endlichen vertraut, wir verstehen uns darauf; aber wir kennen seine
Natur nur oberflächlich!
6
Weil Gott keine res extensa ist, ist seine Existenz Glaubenssache.
7
Dies ist die fides daemonum von Jak 219 , aber nicht der christliche Glaube, der vom
Wesen Gottes zeugt!
8
Die Existenz eines Gottes, dessen Wesen man hinieden nicht kennt, ist eine
hochambivalente, bedrohliche Vorstellung, mit der Pascal, aber nicht der Freigeist sich
herumschlägt.
9
Zum Beispiel: das Unendliche.
10
Für das Gespräch mit dem Freidenker setzt Pascal die Existenz Gottes als unbekannt
voraus.

2
(§7) ­ Oui mais encore que cela excuse ceux qui l'offrent telle, et que cela les ôte du blâme
de la produire sans raison cela n'excuse pas ceux qui la reçoivent
1.
(§8) Examinons donc ce point. Et disons: Dieu est ou il n'est pas
2; mais de quel côté
pencherons-nous? La raison n'y peut rien déterminer. Il y a un chaos
3 infini qui nous sépare4.
Il se joue un jeu à l'extrémité de cette distance infinie
5, où il arrivera croix ou pile6. Que
gagerez-vous? Par raison vous ne pouvez faire ni l'un ni l'autre; par raison vous ne pouvez
défaire nul des deux. Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix, car vous n'en
savez rien.
(§9) ­ Non, mais je les blâmerai d'avoir fait non ce choix, mais un choix, car encore que
celui qui prend croix et l'autre soient en pareille faute ils sont tous deux en faute; le juste est
de ne point parier.
(§10) ­ Oui, mais il faut
7 parier. Cela n'est pas volontaire8, vous êtes embarqués9. Lequel
prendrez-vous donc? Voyons; puisqu'il faut choisir voyons ce qui vous intéresse
10 le moins.
Vous avez deux choses
11 à perdre: le vrai et le bien, et deux choses à engager: votre raison et
votre volonté, votre connaissance et votre béatitude, et votre nature deux choses à fuir:
l'erreur et la misère.
Votre raison n'est pas plus blessée, puisqu'il faut nécessairement choisir, en choisissant l'un
que l'autre. Voilà
12 un point vidé.
Mais votre béatitude? Pesons le gain et la perte en prenant croix que Dieu est. Estimons ces
1
Das nämlich setzt einen hinreichenden Grund voraus.
2
So zeitlos binär digital könnte man eine Existenz jedes hinreichend scharf definierten
Gegenstandes praktikabel umreißen; aber man hat sich ja gerade darauf verständigt, daß eine
solche Gottesdefinition dem Ungläubigen fehlt! (In Wahrheit wird im damaligen Frankreich
allerdings mit Selbstverständlichkeit die gemein-kirchliche Gottesdefinition vorausgesetzt,
und zur Debatte steht die Wirklichkeit dieses Gottes! Deshalb läßt sich der von Pascal
angesprochene Freigeist auf diese Alternative ein.) Die Selbstmitteilung Gottes ist
existenzsymbolisches, also unbestimmt hochdimensionales Geschehen, das sinnvollerweise
nicht eindimensional digitalisiert werden kann.
3
Abgrund.
4
Von Gott.
5
Zwischen Gott und uns. Die Gotteserkenntnis an unserm Ende dieser Distanz ist so gering
wie das Vorherwissen beim Münzwerfen.
6
Das illustriert den deklarierten logischen Formalismus. Er wird nun durchgespielt, weil
beide Seiten glauben, hinreichend klar zu wissen, wovon sie reden.
7
Man ,,muß" bewußt embarqué leben.
8
Gottes Existenz (die nicht von unserm Willen abhängt) ist Glaubenssache, und damit ist
die (ihr entsprechende oder nicht entsprechende) Lebensführung Glaubenssache ­ wie eine
Wette. Daß wir leben aber hängt kaum von unserm Willen ab.
9
Durch unser Verhalten haben wir bereits gewettet.
10
Die Idee einer Wette betreffs die Existenz Gottes hat Pascal von dem atheistischen Autor
S. CYRANO DE BERGERAC, 1655, aufgegriffen. Bei diesem Autor stellt (am Ende der
,,Mondfahrt") die gewissenlose Frage: ,,...quel inconvenient vous encourez de le croire?" der
missonierende Gläubige!
Wohin gerät der, der geradlinig nur seine Interessen wahren will? Es folgt zunächst eine
spieltheoretische Rechnung nur mit (objektiven) Wahrscheinlichkeiten, Ein- und
Auszahlungen. Es wird sich aber erweisen, daß für die Modellierung des Interesses auch noch
die (subjektive) Nutzenfunktion (désir, passions) berücksichtigt werden muß.
11
Zunächst qualitativ.
12
Für die Rationalität sorgen wir ja jetzt.

3
deux cas: si vous gagnez
1 vous gagnez2 tout, et si vous perdez vous ne perdez rien3: gagez
donc qu'il est sans hésiter.
(§11) ­ Cela est admirable. Oui
4 il faut gager, mais je gage peut-être trop5.
(§12) ­ Voyons! Puisqu'il y a pareil hasard
6 de gain et de perte, si vous n'aviez qu'à gagner
deux vies pour une, vous pourriez encore gager
7, mais s'il y en avait 3 à gagner8? Il faudrait
jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer) et vous seriez imprudent, lorsque vous
êtes forcé à jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner 3 à un jeu où il y a pareil
hasard de perte et de gain. Mais il y a une éternité
9 de vie de bonheur. Et cela étant quand il y
aurait une infinité de hasards dont un seul
10 serait pour vous, vous auriez encore raison de
gager un pour avoir deux, et vous agirez de mauvais sens, en étant obligé à jouer, de refuser
de jouer une vie contre trois à un jeu où d'une infinité de hasards il y en a un pour vous, s'il y
avait une infinité de vie infiniment heureuse à gagner: mais il y a ici une infinité de vie
infiniment heureuse à gagner, un hasard de gain contre un nombre fini
11 de hasards de perte
et ce que vous jouez est fini. Cela ôte tout parti
12 partout où est l'infini et où il n'y a pas
infinité de hasards de perte contre celui de gain. Il n'y a point à balancer, il faut tout
13
donner. Et ainsi quand on est forcé à jouer, il faut renoncer à la raison pour garder la vie
plutôt que de la hasarder pour le gain infini aussi prêt à arriver
14 que la perte du néant15.
(§13) Car il ne sert de rien
16 de dire qu'il est incertain si on gagnera, et qu'il est certain
qu'on hasarde, et que l'infinie distance qui est entre la certitude de ce qu'on expose et
l'incertitude
17 de ce qu'on gagnera égale18 le bien fini qu'on expose certainement à l'infini qui
1
Richtig tippen ­ und sich entsprechend verhalten!
2
Das mag zwar Pelagius versprochen haben! Aber der Freidenker ist, als solcher, gewiß
eher Pelagianer.
3
,,Nichts" sagt Pascal, der die infinitesimalen Größen noch nicht entdeckt hat, denen unsere
irdischen Tage (also im Sinne des Freidenkers: alles was wir haben ­ und das ist nicht nichts!)
im Verhältnis zur Ewigkeit entsprächen! Aber so weit ist auch unser Freidenker mathematisch
noch nicht, daß er sich im Infinitesimalen häuslich einrichten könnte.
4
Er weiß sich der Bedrohung durch der Ewigkeit, unter der sich auch Pascal selbst fühlt,
nicht zu erwehren.
5
Hier brechen die klassischen Selbstverständlichkeiten der katholischen Frömmigkeit
durch.
6
Gleiche Wahrscheinlichkeit gilt immer bei vollständigem Informationsmangel.
7
Es ergäbe sich eine gleichwertige Alternative.
8
Übergang zum Ewigen.
9
Die Wahrscheinlichkeit für die Existenz Gottes ist also mit unendlich zu multiplizieren.
10
Das wäre eine infinitesimale Wahrscheinlichkeit.
11
Also eine finite, winzige Wahrscheinlichkeit.
12
Da gibt es nichts mehr zu teilen!
13
Der Einsatz all dessen, was man hat, wäre also nicht zu viel für (ein noch so
unwahrscheinliches) unendliches Glück. Das ist aber nur richtig in einem Modell ohne die
Komplikationen der Nutzenfunktion, die dann erst BUFFON in seinem Essai d'arithmétique
morale (1762?) in Rechnung zun stellen versuchte.
14
Ebenso wahrscheinlich.
15
Das zeitliche Leben.
16
Pascal treibt die Rationalität, zu der beide Gesprächspartner fähig sind, auf die Spitze.
17
Soll die Gleichung lösbar sein, darf die Wahrscheinlichkeit minim, muß aber finit sein.
18
Ist diese Wahrscheinlichkeit infinitesimal, so ist das Produkt von Wahrscheinlichkeit und
(unendlichem) Wert unbestimmt, die Gleichung nicht lösbar und die Zurückhaltung gegen
Pascals Argumentation doch berechtigt.

4
est incertain. Cela n'est pas ainsi
1. Tout joueur hasarde avec certitude pour gagner avec
incertitude, et néanmoins il hasarde certainement le fini pour gagner incertainement le fini,
sans pécher contre la raison
2. Il n'y a pas infinité de distance entre cette certitude de ce qu'on
expose et l'incertitude du gain
3: cela est faux4. Il y a, à la vérité, infinité entre la certitude de
gagner et la certitude de perdre
5, mais l'incertitude de gagner est proportionnée6 à la
certitude de ce qu'on hasarde
7 selon la proportion des hasards de gain et de perte. Et de là
vient que, s'il y a autant de hasards d'un côté que de l'autre
8, le parti est à jouer égal contre
égal
9. Et alors la certitude de ce qu'on s'expose10 est égale à l'incertitude du gain, tant s'en
faut qu'elle en soit infiniment distante
11. Et ainsi notre proposition est dans une force
infinie
12, quand il y a le fini à hasarder, à un jeu où il y a pareils hasards de gain que de
perte, et l'infini à gagner. Cela est démonstratif et si les hommes sont capables de quelque
vérité celle-là l'est.
(§14) ­ Je le confesse, je l'avoue, mais encore n'y a(-t-)il point moyen de voir le dessous
13
du jeu?
(§15) ­ Oui l'Ecriture
14 et le reste, etc.
(§16) ­ Oui mais j'ai les mains liées et la bouche muette, on me force à parier, et je ne suis
pas en liberté, on ne me relâche pas et je suis fait
15 d'une telle sorte que je ne puis croire. Que
voulez-vous donc que je fasse?
(§17) ­ Il est vrai, mais apprenez au moins que votre impuissance à croire vient de vos
passions. Puisque la raison vous y porte et que néanmoins vous ne le pouvez, travaillez donc
non pas à vous convaincre par l'augmentation des preuves de Dieu, mais par la diminution de
vos passions. Vous voulez aller à la foi et vous n'en savez pas le chemin. Vous voulez vous
guérir de l'infidélité et vous en demandez les remèdes, apprenez de ceux, etc. qui ont été liés
comme vous et qui parient maintenant tout leur bien. Ce sont gens qui savent ce chemin que
vous voudriez suivre et guéris d'un mal dont vous voulez guérir; suivez la manière par où ils
1
Rhetorischer Nachdruck an der Stelle eines problembedingten Unbehagens.
2
Es kommt aber ,,jedem" (freien) vernünftigen Teilnehmer an einem Spiel mit endlichen
Werten auf die Chancen und auf die Höhe des Einsatzes und des Gewinnsumme an!
3
Einsatz und Gewinnchance sind kommensurabel.
4
Nur wenn die (minime) Wahrscheinlichkeit finit ist! Der rhetorische Nachdruck an dieser
Stelle verdeckt wohl wieder ein Gefühl der Unsicherheit. (Vgl. die in Pascals Antwort an
Fermat vom 29.Juli 1654 zum Ausdruck kommende Unsicherheit bezüglich seiner Règle des
partis.)
5
Die es beide nicht gibt!
6
Kommensurabel.
7
D.h.: ,,mit der man hat, was man aufs Spiel setzt".
8
Wette auf Gottes Existenz oder Nichtexistenz.
9
Gleiche Gewinn/Verlust-Wahrscheinlichkeiten für beide Optionen.
10
Unabhängig vom möglichen Gewinn, ist die sog. ,,Sicherheit" des irdischen Lebens ­ als
das Risiko, falsch zu tippen ­ gleich hoch wie die Chance, zu gewinnen.
11
Unvergleichbar.
12
Durch die Unendlichkeit der der proposition zugrundegelegten Seligkeit teilhaftig der
force Gottes.
13
Worum handelt es sich, nach all diesen Formalien, wirklich?
14
Sie zeigt den Glaubensinhalt. Der Hauptteil der ,,Apologie" ist Pascals eigenartigem
Schriftverständnis gewidmet.
15
Hier kommt die Irrationalität des Subjekts zu Wort, dem die moderne Spieltheorie mit der
Nutzenfunktion ein Stück weit Rechnung trägt.
Jeder hat seine besonderen Bedürfnisse; er kann aber daran arbeiten.

5
ont commencé. C'est en faisant tout comme s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en
faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira
1.
(§18) ­ Mais c'est ce que je crains.
(§19) ­ Et pourquoi? Qu'avez-vous à perdre? Mais pour vous montrer que cela y mène,
c'est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles, etc.
(§20) Or quel mal vous arrivera-t-il en prenant ce parti? Vous serez fidèle, honnête,
humble, reconnaissant, bienfaisant, ami sincère, véritable. A la vérité vous ne serez point
dans les plaisirs empestés, dans la gloire, dans les délices, mais n'en aurez-vous point
d'autres? Je vous dis que vous y gagnerez en cette vie, et que à chaque pas que vous ferez
dans ce chemin, vous verrez tant de certitude de gain, et tant de néant de ce que vous
hasardez, que vous connaîtrez à la fin que vous avez parié pour une chose certaine, infinie,
pour laquelle vous n'avez rien donné.
(§21) O ce discours me transporte, me ravit, etc.
(§22) Si ce discours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui
s'est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties, auquel il
soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre pour votre propre bien et pour sa gloire; et
qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassesse.
29. August 2004
1
Hier ist vielleicht auch an Ps 7322 zu denken.